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Musique

Maximum Kouette “Et alors” Emma Productions/AZ/ Universal Music.

Crée au milieu des années 90, ce groupe de filles met le feu au planches avec un punk rock garage brut de décoffrage, et deviennent rapidement une valeur sure de la scène rock hexagonale. Depuis elles ont élargie leur groupe à quelques hommes mais restent toujours aux avant- postes, elles ont expérimentées un rock plus métissé pour revenir avec ce troisième album au rock n roll brut, incisif et charmeur. Cet album est donc plein d’énergie et de bonne humeur, conjuguant rythme torride, mélodies pop, et balades. Tres dansant avec ses textes malins, un brun provocateurs, mais toujours plein d’humour et de tendresse, cette album mélange la fièvre rock au charme pop.

Patrick Eudeline “Mauvaise Etoile” (Suave)

Patrick Eudeline est une des rares icône rock française, à l’origine du premier groupe punk français, journaliste musical au service des plus grands, ce gonzo journaliste s’est même essayé avec succès à l’écriture. Il revient nous surprendre en musique avec un très grand album. En effet, Mauvaise étoile rappelle Dutronc ou Gainsbourg, à leur meilleure période, un son brut, enregistré à l’ancienne avec des instruments vintage comme on le fait plus assez. On passe du blues sale, au glam rock au cabaret, tous les fantômes du rock et de la pop hantent ce disque très sex drugs and rock n roll.

Passe ton Bac d'abord !!! (Suave)

Enregistré en live en mai 2005 au Gibus lors du festival du même nom, et parrainé par Patrick Eudeline, cette album donne la part belle à la nouvelle génération du rock français. Naast, Second Sex, Violett, The parisians, Hushpuppies, Hellboys, Audition, Pravda, ils sont tous les là, tous ces jeunes rockeurs boutonneux de 17 ans qui font crié les gamines et hurler nos enceintes. Non le rock n’est pas mort, il a même beaucoup d’avenir. C’est sexy, c’est brut , c’est live, une sacrée décharge d’adrénaline.

Watine “Dermaprodite” (catgang )

Watine parcoure depuis quelques années le monde pour distiller ses sons downtempoavec sa voix est d’une rare beauté. Elle nous livre avec dermaphrodite un disque échappant au temps alliant folk et trip hop décomplexé, mêlant piano, cordes, boucles éléctro et petits bruits inventés. Pouvant ainsi s’asseoir dignement à la table des Suzanne Vega, Kate Bush et autres muses de l’intime pour boire un verre, cette femme du monde à l’accent étrange détone dans le paysage français et ouvre une voie par la force de sa personnalité.

Armand Melies “tortures volontaires” (Remark/ Warner)

Ce disque est un ovni musical dérangeant et fascinant, un voyage torturé au fond d’un folk plein d’émotion. Des textes beaux et tristes, des mélodies mélancoliques envoutantes, agrémentées de balades pop. A découvrir.

Le Soldat Rose


« Un conte musical pour les enfants
et ceux qui le sont restés, composé et écrit
par Louis Chedid et Pierre-Dominique Burgaud »


Sortie le 6 novembre 2006
(Atmosphériques)

2 concerts exceptionnels le 12 Novembre
à Paris –Grand Rex
(Points de réservations habituels)


Il était une fois un chanteur qui s’appelait Louis. Quand il était plus jeune, il avait été raton laveur sur le très joli Emilie Jolie de Philippe Chatel. Depuis, l’idée lui trottait dans la tête : écrire un conte musical pour les enfants. Mais attention, pas que pour les petits enfants ! Pour les enfants moyens aussi. Et pour les enfants grands, pour les enfants immenses, pour les enfants banquiers, pour les enfants trapézistes, pour les enfants mamans, pour les enfants grand-pères, pour tous les enfants quoi. Comme Louis n’avait pas envie de se lancer tout seul dans cette aventure, son éditrice lui a présenté Pierre-Dominique. Pierre-Dominique ne joue pas très bien de la guitare alors tous les deux se sont mis d’accord là-dessus : c’est Louis qui écrira les musiques et Pierre-Dominique s’occupera des paroles.

C’est ainsi qu’est né le Soldat Rose. Petit à petit. Des bouts de textes de Pierre-Dominique, des bouts de musiques de Louis, un début d’histoire, des débuts de chansons, des personnages qui apparaissent -qui disparaissent parfois- et, au bout de quelques mois, un conte complet, quatorze chansons. L’épopée d’un petit Joseph, déçu par le monde des grands, qui se laisse enfermer dans un grand magasin pour vivre avec des jouets.




Avec :

CATHERINE JACOB

JEANNE CHERHAL

-M-

SANSEVERINO

SHIRLEY & DINO

ALBIN DE LA SIMONE

FRANCIS CABREL

VANESSA PARADIS

BENABAR

LOUIS CHÉDID

ALAIN SOUCHON

RAOUL LE PENNEC

CELINE BARY

AXIOM Sortie album “Axiom” le lundi 30 Octobre 06

Le rap français est-il condamné à la vulgarité ? La fascination pour la violence définit-elle désormais ce
genre venu de la rue ? Pas avec Axiom.

Né à Lille, quartier Moulin Belfort, ce rappeur a évolué dans les cités dortoir du « grand Nord », comme il dit, avant de se lancer dans l’art de la rime. Aîné d’une famille de 5 enfants (plus deux autres adoptés), Axiom a grandi comme il pouvait, avec l’amour de ses parents, sans complètement éviter les pièges de la rue.
La crise économique talonne sa famille, et Axiom en subit les conséquences. « Depuis cette époque », explique-t-il, « je déteste tous les signes de pauvreté. Je le dis avec haine, mais c’est vrai. Je ne supporte pas un frigo vide. J’ai un drôle de rapport à l’argent. »
À 13 ans, Axiom se définit déjà comme un MC (« J’avais la coupe afro, les habits flashy, des pompes coquées, tout l’accoutrement ! »). La Belgique, toute proche, est une grosse influence pour ce rappeur qui découvre ainsi la Zoulou Nation et ses préceptes humanistes.

De petites salles en MJCs, c’est la scène qui sera la révélation. « Quand je suis monté pour la première fois sur les planches, j’ai vu que quelqu’un d’autre sommeillait en moi » se souvient Axiom, qui monte le label hip hop lillois Kafar Productions, sa première fierté (« Pour un fils d’ouvrier, dire que tu es chef d’entreprise, c’est un symbole fort. Même si tu ne gagnes rien »). Il y développe le groupe Rebel Intellect, qui devient Mental Kombat. Il y a du monde derrière Axiom. « Rappeurs, breakers, taggers, on était une soixantaine à bousiller la ville et à faire chier tout le monde ! »

Un premier album L’arrêt public, sort en distribution nationale. 7000 exemplaires sont vendus en indépendant, sans relais médiatique. « Tu es un bouseux, tu es à la campagne ! Pourtant Lille est une métropole de 4 millions d’habitants. C’est là que Skyrock fait sa plus grosse audience. »

Travailleur acharné, Axiom ne cesse d’écrire, de parler, d’agir. En réaction aux émeutes urbaines de l’automne 2005, il se lance dans l’écriture d’une lettre à Chirac. Comme Boris Vian ou le rappeur Fabe avant lui, Axiom harangue le président en des termes durs, mais sans manier l’insulte ou l’anathème. Contacté à l’arrache, Karl Zéro apprécie le morceau et diffuse dans son « Vrai Journal » le clip réalisé par Axiom pour cette « Lettre au Président » dont la musique sample « La Marseillaise ».

Premier rappeur blogger, Axiom pose sa lettre sur son site www.axiomfirst.com , déclenchant des réactions inattendues. « On a reçu plus de 2.000 lettres en trois semaines : de la communauté francophone de Manhattan, de profs qui font étudier la lettre en université ou la font chanter dans les écoles… Un truc de fou, plein de lettres de soutien. Et quelques gens du front national, qui ne m’insultent pas parce qu’ils ne peuvent pas critiquer le fond de mon propos. » Sans oublier Jacques Chirac, qui y a répondu personnellement (sa réponse est en ligne sur le site d’Axiom).

Le buzz internet alerte les maisons de disques, qui foncent sur Lille afin d’en savoir plus sur cet ovni à la plume si originale. C’est ULM qui décroche le deal, mais c’est avec un street album gratuit disponible en ligne qu’Axiom entend d’abord se présenter au grand public. L’album officiel suit dans la foulée, et va révéler l’éclectisme de cet artiste plein de surprises qui a produit, écrit, composé et réalisé seul son disque.

Axiom a la particularité d’être à l’aise sur tous les sujets. Il est sarcastique quand il décrit son rapport avec le monde médiatique (« Média » au refrain irrésistible), amer quand il évoque sa couleur de peau qui fait peur (« Je suis l’Arabe »), citoyen quand il rédige sa « Lettre au Président », nostalgique quand il se souvient de sa génération perdue (« Génération 75 ») et visionnaire quand il met en scène sa ville de Lille vue par trois générations (« Lille ma Médina »). Et toujours pertinent. Axiom sait aussi frapper au cœur, comme avec le bouleversant « Prenez bien soin » qui évoque sa grand-mère disparue et ses amis partis trop tôt. Un morceau qu’il a dû enregistrer en faisant sortir tout le monde du studio où il posait sa voix. Question de pudeur, « L’émotion guide ma plume, contrairement à ce qu’on fait dans le rap. En tant qu’artiste, c’est moi que ça touche quand je fais sortir mon vécu. En tant que producteur, ce genre de texte élargit mon public. Mais je ne sais pas si je pourrais le dire sur une scène sans retenir mes larmes. »

En 16 titres allant du rire aux larmes, du r & b au hardcore, de la réflexion à l’action, Axiom réinvente cette rap musique qu’il aime tant en version française (le texte de « Rap Français » est à ce titre un pur bijou, qui cloue le bec avec finesse aux snobs qui croient en l’infériorité des rappeurs français face aux Américains).

Au fait, pourquoi Axiom ? « Mon prénom est Hicham, Axiom était mon nom de tag. J’ai compris vite fait que je n’étais pas assez bon tagger, alors j’ai juste gardé le nom. Un axiome, c’est une vérité qui ne nécessite pas de démonstration. Ce que dans le langage commun on appelle une évidence. ». À l’écoute du premier album d’Axiom, on ne saurait mieux définir le talent manifeste de ce MC hors des clichés, prêt à lancer la 6ème république sur un beat hip hop.


Olivier Cachin

PATXI, “S’embrasser”

C’est un très jeune homme qui se souvient de la jeunesse comme d’une terre qu’il aurait quittée. Et qui nourrit le regret d’une enfance qui n’aura jamais été malheureuse, là-bas, ou plutôt là-haut, à flanc de montagne, dans ce pays basque dont il a conservé les accents. Généralement, on attend d’être plus vieux pour avoir le mal du pays. Il était écrit que Patxi serait précoce en beaucoup de choses.
A 24 ans, le voilà qui évoque son attachement à ses origines. Et sa nostalgie des années perdues, celles où il apprenait le basque du côté de Saint-Jean de Luz, découvrait la guitare et se fabriquait des amitiés qui lui sont restées. Il avait quinze ans alors, il écoutait Gainsbourg et Souchon, des gens qui écrivaient eux-mêmes leurs textes et il inventait ses premiers accords. Il ne savait pas bien ce qu’il ferait de sa vie, sinon qu’il tenterait d’y être heureux et que la musique y occuperait la première place.
Après des études ennuyeuses à Bordeaux, il a choisi un exil à Londres, histoire d’humer d’autres airs mais il est revenu du côté de son enfance, puisqu’on n’en finit jamais avec ses racines. La notoriété l’a brusquement attrapé un soir d’août 2003 quand la France a découvert son visage d’oiseau tombé du nid et sa voix éraillée.. Cette gloire éphémère, il ne la renie jamais, conscient que c’est elle qui lui a permis de faire ses propres chansons et de les faire avec des gens qu’il a choisis, qui lui ressemblent.
Ces chansons, elles sentent le bois, et elles ont la sonorité déchirante ou énergique des cordes grattées. Elles parlent de lui, mieux que ne le feraient des réponses fabriquées à des questions indiscrètes. Son album est une autobiographie déguisée, sentimentale. Le garçon pétillant et léger qu’il est apparaît parfois entre les lignes mais il a laissé la plus grande place à l’être tendre, délicat, fragile qu’il est également.
On sent une tristesse qui affleure, un discret désenchantement, une jolie gravité. Se tenant résolument à l’écart des ritournelles formatées, il adresse des SOS amoureux qu’il glisse dans des bouteilles jetées à la mer, il laisse percer des douleurs intimes, il dit les espoirs abdiqués, les vacillements, il égrène ses souvenirs. Sa force, c’est de savoir saisir des instants, de raconter ces moments de presque rien qui dévoilent tout de nous.
Ces musiques mélancoliques, ces textes doux, il les a portés longtemps, écrits dans la fluidité. On oublie tout le travail pour ne retenir que la sensibilité. On dirait qu’il nous envoie de ces cartes postales qui se terminent par un « affectueusement ».


Philippe Besson


L’album « S’embrasser » est écrit et composé par Patxi, avec la collaboration de Louis Chédid sur le titre « Je te hais » (paroles et musique) et de Pierre Souchon sur le titre « Mordu » (musique).

Album réalisé par :
Jean-Christophe Urbain (10 titres) et JP Nataf (2 titres), aux Studios Ferber

Piers Faccini Nouvel album “Tearing Sky”

En 2004 sort un album intitulé « Leave no Trace », onze chansons signées Piers Faccini. L’album se clot sur « I can’t wait another day ». Impatient manifeste.

Piers est impatient, à sa manière. Il brûle de prendre son temps, à bras le corps, sans retenue. Ses fuseaux horaires ont parfois de drôles de formes. Un griot égaré dans un bouge du Mississipi, un conteur celte tout heureux de se retrouver à la table d’une famille napolitaine, une rythmique californienne jouant les body-guards d’une ballade à faire chialer un mur…

Les chansons imposent leur tempo. Mr Faccini s’occupe du reste. Dès les premières notes d’ « Each wave that breaks » cette voix nous fait une proposition qui ne se refuse pas. Le plaisir de se laisser abattre comme au premier jour.

Piers Faccini est italo-britannique et vit aujourd’hui en France. Une certaine idée de l’Europe, peut-être. En allant enregistrer à Los Angeles, c’est à une partie de sa mythologie US qu’il vient se frotter. Dylan le chamane, Neil « on the beach »Young et le diabolique Leadbelly rôdent forcément dans le coin. Mais, en ce mois de décembre 2005, le frère de sang est breton et s’appelle JP Plunier.

Photographe dans une autre vie, JP Plunier le producteur aime titiller les points de vue. Mais question sujets, il serait plutôt du genre obsessionnel. Ben Harper, depuis les premières guitares, et Jack Johnson, pour la première vague.

JP a ses méthodes. Planning serré. Douze jours au studio Sonora. Dernier locataire en date, Lee Hazlewood. Pas mal pour la vibe.

Côté casting, le « posse » est convié, comme un Scorsese convoquant Pesci, De Niro et Keitel sans avoir besoin de leur envoyer le moindre scénario. Toutes proportions gardées. La rythmique « pilier » inédite mixe la basse orgiaque de Juan Nelson et la batterie aérienne d’Adam Topol. Les autres membres du noyau dur sont tous venus en croquer : Leon Mobley, Merlo Podlewski, Oliver Charles, Bob Coke. Avec l’aimable participation de Ben Harper et Inara George pour quelques chœurs complices.

Pour les cordes, on décalle : mandoline rasta pour Chris « Kaleidoscope » Darrow, percées lumineuses de Kora signées Ballake Sissoko, contrebasse au bord de la rupture pour Gus Seyffert… Derrière la table de mixage, un drôle de géant veille au grain. Eric Sarafin est ingénieur du son, musicien, écrivain à ses heures.

Aucun doute, tout ce beau monde fait partie du même tableau.

Fera-t-il beau demain ? Peu importe finalement ce que nous raconte le ciel de Piers Faccini, ce gars là a décidé de nous faire triper. « it’s easy dance over to you ….», nous souffle Piers au bout de ces quatorze chansons. Invitation manifeste.

SHARKO «Molecule » »

Après un break de deux ans, *SHARKO* nous livre un nouvel album... Le quatrième... pour lequel David Bartholomé a laissé la lourde tâche de la production artistique à Dimitri Tikovoi, bonhomme connu pour son projet Trash Palace avec Murat, Molko, Argento ou plus récemment pour la production du dernier album de Placebo. Il a également travaillé avec Shakira, Archive et Goldfrapp.
Le mixage a lui été confié à Andy Saunders* qui a travaillé avec Elton John, Kylie Minogue, Robbie Williams, Morrissey et encore beaucoup d'autres.
Ils ont travaillé avec une vieille console "SSL" qui appartenait à Toni Visconti qui avait enregistré T-Rex et David Bowie.

Le premier single extrait de cet album « Motels » a été numéro 1 de la play-list de Pure FM.

My Playlist by Troublemakers : sortie le 26/03/07

C’est au tour des TROUBLEMAKERS de se lancer dans l’aventure My Playlist après DJ CAM, LLORCA et JOEYSTARR.
DJ OIL et Arnaud Taillefer nous livrent une sélection très personnelle de leur playlist idéale, nous ouvrent leur malle au trésor et partagent avec nous les titres qui tournent le plus souvent sur leurs platines.

TROUBLEMAKERS

C’est en 2000 que les Troublemakers débarquent sur la scène électro internationale avec un premier album très remarqué, « Doubts and convictions », qui a tant fait parler de lui que les « fauteurs de trouble » marseillais s’offrent le luxe de poursuivre leur aventure avec le légendaire label Blue Note en sortant l’album « Express Way ».
Les Troublemakers, c’est Lionel Corsini et Arnaud Taillefer. Avec un père DJ dans l’une des plus grosses boîtes de nuit de la cité phocéenne, Lionel a baigné dans le vinyle depuis sa plus tendre enfance. C’est donc en toute logique qu’il s’est retrouvé très vite DJ au Trolleybus sur le vieux port. Plus connu sous le nom de DJ Oil, sa musique évolue alors entre funk, jazz, rythm’n’blues, hip-hop, latino, électro et acid jazz.
Arnaud, grand cinéphile, est fan de BO de films, de jazz et de blues. Il s’intéresse à tout et transforme en or tout ce qu’il touche. Il est le guitariste, le bassiste mais aussi le graphiste du groupe.
Difficile de décrire l’ovni Troublemakers. On y trouve, entre autres, du jazz, du funk, de l’électro, du hip-hop, un petit goût pour les ambiances des films d’action d’antan et pour l’échantillonnage infernal,… On mélange le tout, on y ajoute une production époustouflante et on obtient un son qui envoûte et transporte l’auditeur dans un univers cinématographique aux effluves seventies.
Les deux compères nous livrent ici leur playlist idéale qui est un savant mélange entre hip-hop, jazz, funk et electro.

Pablo Krantz

Pablo Krantz est un grand garçon (frisé) qui sourit peu. Mais quand il le fait, ses sourires sont précieux. Ils ont cette élégance désinvolte de ceux qui continuent à porter des costumes trois-pièces quand tout va à peu près mal. Cet exilé qui ne semble pourtant pas étranger à lui-même a quitté l’Argentine en janvier 2002 au pic d’une crise qui prenait sérieusement des airs de guerre civile. Il s’est naturellement rendu à Paris, dans cette ville où son père avait habité à la fin des années 1950, étudiant dans le génie nucléaire et qui n’allait jamais complètement se remettre de cette philosophie existentialiste dont Saint-Germain-des-Prés préserve le souvenir.
A Paris, Pablo Krantz a continué de faire ce qu’il faisait à Buenos Aires. Il a écrit, chanté et joué de la guitare. A la seule différence, qu’il l’a fait dans la langue de Gainsbourg. On pourrait établir des parallèles dans cette manière qu’ils ont chacun, le maître et l’élève, d’esquisser une mélodie comme s’ils chantaient à l’oreille de leur public, et aussi dans cet art de tordre la langue afin de lui redonner tout son sens au fil de formules jetées comme des slogans.
Traduits, les deux premiers recueils de nouvelles de Pablo Krantz gardent cette gravité absurde, ce sens de l’humour qui dit « Donnez-moi une voiture si rapide que mes souvenirs ne puissent la rattraper » (1997) et « Le matin où la loi de la gravitation a échoué » (2001). Pablo Krantz les a publiés presque en même temps que ses deux premiers albums, « Trop de temps nulle part » (1999) et « Les étrangers ne disent jamais adieu » (2001). En espagnol, il chantait d’une voix haute, probablement pour dominer un rock influencé autant par Sonic Youth, Violent Femmes que par les Pogues. Un mixte de noisy rock et de bastringue irlandais qui le ramenait à ses émois adolescents.
Né en 1970 à Buenos Aires, mais élevé de ses 2 semaines à ses 2 ans à Los Angeles, il a pris tout ce qu’il pouvait dans un pays longtemps coupé du reste du monde, Kinks, Stones, Joy Division, Velvet Underground, Bowie, Television, Richard Hell, Patti Smith puis Bob Dylan, Leonard Cohen et Nick Drake. Ses cours de guitare à 14 ans alternaient entre l’enseignement du classique et les reprises de ses héros. Mais, déjà, il avait le français à l’oreille. Placé dès le début de la junte militaire au pouvoir (1976-1983) dans une école franco-argentine, il a vécu cette langue comme un étrange objet de sonorités le sortant du quotidien.
Ecrire aujourd’hui en français lui permet paradoxalement d’aborder ses sentiments d’une manière frontale, même s’il les relève de dérision. Il ne faudrait pas dévoiler les secrets d’arrière-boutique. Mais pour un couplet gardé, il en faut dix à Pablo, pour fignoler cette matière qui n’est pas sa langue maternelle (la mère est psychanalyste, au passage). Et, en s’attardant de la sorte, lui trouver un mot plus juste que celui qui serait spontanément sorti en espagnol. Durant deux ans, Pablo Krantz a ainsi écrit les titres de son nouvel album « Les chansons d’amour ont ruiné ma vie ».
S’il a mis autant de temps, lui qui traduisait « les Inrockuptibles » en trois jours (et trois nuits) pour sa version argentine, c’est qu’il a de front écrit le recueil de nouvelles « Le saint cleptomane et la fille au vagin doré » (édition Les Petits Matins, octobre 2005) et le roman d’aventures "Les héritiers (une aventure de Paul et Nadia)" (sortie en janvier 2007 chez Tournon) au milieu de ses autres activités de musicien. On pense notamment à ses deux albums avec Travis Bürki (Ü), « Après les dancings » (2002) et « La luge » (2004). Ensemble ils ont fait une cinquantaine de dates. Entre deux concerts qu’il faisait également à Paris sous son nom (Limonaire, Connétable) ou à Fribourg, Barcelone et Crozon, dans le Finistère Sud, Pablo se réfugiait, guitare électrique débranchée, dans sa salle de bains pour roder ses chansons pendant que sa compagne travaillait comme serveuse de nuit. D’une voix grave qu’il se découvrait avec le français, il a couché sur un mode narratif lardé d’images surréalistes des histoires qu’on se fait quand on a raté son heure de sommeil. Histoires de « mer qui n’en finit plus de n'en plus finir », de « Babel » et d’ensorceleuse au nom de légende (« Dalila »), d’eau et de terres au parfum biblique.
Il y a chez Pablo Krantz des « autoroutes brillantes qui ne mènent nulle part », des « tours du monde en quatre-vingts nuits » et des samedis soirs dont les rêves sont les cauchemars du lendemain. Il y a dans ces centaines de pistes de voix, de chœurs et de guitares qu’il a enregistrées entre Montrouge, Bagneux et Buenos Aires une manière de poser ses rêves à plat pour connaître véritablement la distance qui nous séparent d’eux. Une volonté d’être lucide pour savoir comment décrocher la lune… une fois qu’on sait où elle se trouve.

LES ANGES : «A Deep Grave as a Shelter » (Kitchen/PIAS)

Les Anges est un groupe belge créé en 2007, nés sur les cendres du groupe Hulk. Le groupe emprunte la voie déjà choisi par Kyuss, Queens of the Stone Age, Masters of Reality,…

Dans le paysage rock belge, Les Anges peuvent prétendre faire partie du haut de gamme. Renforcé par la présence de Sandra Hagenaar (Fifty Foot Combo) à l’orgue Hammond, le trio de Hulk semble libéré et donne le meilleur de lui-même sur cet album puissant

Plus d’informations : www.kitchen-music.com et www.myspace.com/lesangesmusic

CLOE DU TREFLE : Microclimat” (Zebra Booking/Coadex) – sortie le 17 m

Cloe du Trèfle est le projet en français de Cloe Defossez, jeune auteur - compositrice bruxelloise. Multi-instrumentiste, passant du piano à la guitare électrique, triturant des sons a l'aide de son sampler ou de son ordinateur, dépoussiérant son harmonium vétuste, Cloe explore et emboîte mélodies et sons divers pour nous happer dans son univers.

Apres son premier album en francais "Sapristi", diffuse sur des radios au Canada, au Japon, en Australie, en Allemagne, en France, en Belgique, en Grèce et même au Liban et au Togo... Apres avoir gagne a l'unanimité le premier prix du Concours Musique a la Francaise, le prix du Botanique et des Francofolies de Spa, avoir été finaliste de la Biennale de la Chanson francaise, gagne le prix coup de cœur du réseau belgo-francais "Couleur Chansons",

Après avoir travaille autant sur des musiques de films que sur des projets avec Daniel Helin, l'Orchestre du Mouvement Perpétuel (album ayant reçu le prix coup de cœur 2006 de l'Académie Charles Cros), son projet Clover's Cloe en anglais, Julos Beaucarne,

Cloe du Trèfle sort enfin son deuxième album en français: «Microclimat» au Benelux en 2007 et fin janvier 2008 en France!

Cloe s'est déjà retrouvée sur scène en première partie de Arthur H, Vincent Delerm, Stephan Eicher, Benabar, Yves Simon, a fait une tête d'affiche au Botanique en 2004 et en 2007, a joue aux Francofolies de Spa en 2003, 2004 et 2007,... Cloe a également fait de nombreux concerts avec son projet "Clover's Cloe" , ayant même joue avant Ben Harper au Festival de Dour, Ani Di Franco a l'Ancienne Belgique, Robert Plant au Nandrin Festival, Shivaree au Botanique, John Watts a Londres,...

Plus d’informations : http://www.cloedutrefle.com et www.myspace.com/cloedutrefle

COMING SOON : « New Grids » (Kitchen/PIAS) – sortie le 4 février 08

A la première écoute de Coming Soon on n’aurait pas vraiment juré que ses membres étaient si jeunes (De 14 à 25 ans), ni que ce folk-là était produit sur d’autres montagnes que les Appalaches. On n’aurait pas dit non plus que leur chanteur au pseudo de milliardaire aviateur et au timbre de jeune Johnny Cash, le chapeauté Howard Hugues, n’était pas un vrai cow-boy. Mais depuis Herman Düne ou Red, on s’est habitué à ce que la musique américaine délocalise sur nos terres, pour un résultat qui n’a rien à envier aux musiciens d’outre-atlantique.

Coming Soon, et la tripotée de projets parallèles initiés par ses membres, peux ce vanter d’avoir “déja” (un an d’existence) creé des liens avec Architecture In Helsinki, Kimya Dawson (avec qui ils ont enregistré un album sous le nom de Antsy Pants),Herman Düne, Jeffrey Lewis, Adam Green... et d’avoir donné une cinquantaine de concert entre Paris, Lyon, Chambéry, Bordeaux, Marseille, New York, Washington DC, Berlin ...

Le groupe sortira son premier album «New Grids» début février, quelques part entre les compilations folk d’Harry Smithet les disque reche de chez K records.

Vous avez, sans doute, remarqué un report de la date de sortie de l’album… Une grande chaîne de magasin a décidé de faire « plein de choses » autour de l’album. Il a donc fallu reporter de deux semaines. On ne va pas se plaindre.

Coming Soon est rentré dans l’Indé 30 du Mouv.

Coming Soon sera à l’affiche du festival « Les Nuits de l’Alligator » le 8 février à la Maroquinerie. Le groupe sera en promo à Paris les 17 et 18 février.

Plus d’informations : www.kitchen-music.com ou www.myspace.com/starsoon

DEAD SEXY INC «Kamikaze» (Enragés/Discograph) – sortie le 4 février

Dead Sexy Inc est né à Los Angeles en 2001. Le premier album « Break Me » a été produit par Paul Kendall (Depeche Mode, Recoil, NIN). En 2004, le groupe a produit une compilation de remix pour Universal « Mix Shake » avec des titres de Peaches, Sigue Sigue Sputnik, Visage, Lords of the New Church… Une compilation qui s’est vendue a plus de 20 000 exemplaires.

Dead Sexy Inc est aussi présent dans les bandes son de nombreux jeux vidéos aussi bien pour Nitendo que pour Sony.

Le nouvel album “Kamikaze”, écrit et enregistré entre Los Angeles, New York et Paris, sortira en février 2008.

Dead Sexy Inc sera sur la scène du Trabendon avec Jad Wio le 7 février. Le groupe assurera également la première partie de la prochaine tournée d’Alec Empire.

Plus d’informations : www.deadsexyinc.com et www.myspace.com/thedeadsexyinc

DESTRUCTION INCORPORATED «The Dogman’s Tales » (Enragés/Discograph) –

Le projet Destruction Incorporated (nommé ainsi en référence à un roman de Maurice G. Dantec), a germé dans l’esprit de trois jeunes musiciens avides d’expérimentations et de liberté : Pierre Belleville, également batteur de Lofofora, Bastien Burger, bassiste de Blackstrobe, et Shanka, guitariste de No One Is Innocent.

En mars 2005, ils décident de fonder d’un même élan un power-trio et un studio d’enregistrement totalement indépendant situé en plein cœur de Paris. Cette démarche leur a permis dès l’été 2005 d’enregistrer un premier album ambitieux, baptisé « Greatest Hits Vol.1 », regroupant de nombreux invités (Elliott Murphy, Grégoire Korniluk, Kemar (No One is Innocent, Laura-May E. Abron…) Les morceaux (compositions, mais aussi covers : PJ Harvey, Tears For Fears…) ont tous été enregistrés « live », dans l’esprit des « Desert Sessions » de Josh Homme.
Forts de cette expérience réussie (l’album a été mixé en février 2006 par A. Bascunana (Luke, Deportivo…), ils décident de composer et d’enregistrer leur premier « vrai » album à trois durant l’été 2006 : « Dogman’s Tales ». Après une semaine de prises (« live », une fois de plus) et 15 jours de mixage (toujours aux Destruction Incorporated Studios !), les 13 titres de l’album sont prêts. Oscillant entre punk, stoner-rock, grunge et fusion, cet album est un condensé des influences du groupe qui sont définitivement ancrées dans le meilleur du rock des 90’s… Entre furie et mélodie, chaque titre raconte une page de l’histoire du « Dogman », serial-killer imaginaire servant de fil rouge à l’album.

L’ENFANCE ROUGE “Trapani – Halq Al Waady” (T-rec/Anticraft)- sortie

L' Enfance Rouge est un groupe franco-italien basé entre Berlin et Borj El Khadra. Plus de 1800 concerts depuis 1995, de Vilnius à Tbilissi, de Swinoujscie à Séville comme de Paris à Syracuse ; de festivals, théâtres et clubs en camps de réfugiés slovènes et croates durant l’avant-avant-avant-dernière guerre. Electricité. Lumière bleue. Toujours libres.

Avant rock. Sans frontières, ni musicales ni géographiques. La presse européenne en parle comme un croisement entre introspection et accélération, entre cérébralisme, transe et sauvagerie. Imprévisibles.

Plus d’informations : www.virb.com/enfancerouge et www.myspace.com/enfancerouge

I&FUSED : « Slow Eater » (Ici d’Ailleurs…/Discograph) – sortie 21 jan

Fort d'une expérience déjà acquise dans le groupe indie-rock de sa jeunesse (Cispéo) puis de deux productions en solo ("Real Fun" et "Expectations") sous le nom Dave's Infusion, David Lavaysse donne naissance en 2002 au projet I N Fused. Avec un premier opus : Kind of Clue sorti la même année, le Montpelliérain démontre une originalité et une maturité indéniables. Sa pratique aiguisée du studio et le fait qu'il sache s'entourer d'artistes talentueux lui assure un son enrichit de couleurs multiples. Avec ce nouvel album intitulé Slow Eater, I N Fused devient I&Fused, un changement subtil pour ne pas s'enfermer sous un nom, une étiquette, mais aussi la marque d'une constante évolution... Et si I&Fused ne cesse effectivement d'évoluer il semble qu'avec slow eater il se rapproche d'un certain perfectionnisme. Des mélodies efficaces et une production remarquable font de cet album son disque le plus mature et le plus abouti. I&Fused a plusieurs cordes à son arc : musicien multi-instrumentiste, chanteur, auteur, compositeur et producteur. Chaque titre est produit avec une finesse et une élégance rare. I&Fused nous dévoile une vision personnelle et talentueuse d'un univers sonore aux milles et une facettes, subtil, léger et fin

I&Fused sera en concert le 14 mars au Divan Du Monde avec Thomas Belhom.

Plus d’informations : www.myspace.com/ifused

MENDELSON «Personne Ne Le Fera Pour Nous » (ReCson/live Life)

Dans l’élan de cohésion et d’énergie né de la tournée de « Seuls au sommet », Mendelson décide de tenter une nouvelle manière de créer sa musique : plus spontanée, plus collective, plus « live ».

Le groupe réunit les deux batteurs qui se relayaient sur scène, rassemble du matériel, et trouve, par hasard, en Ariège, dans les dépendances d’un château « hippie », le lieu idéal pour commencer son quatrième album. Là, tous ensemble dans la même pièce, avec l’aide de Nicolas Becker aux manettes, le groupe joue tout ce qui lui passe par la tête et enregistre...Tout. La synergie est si forte que l’improvisation devient l’écriture. Arrivé les mains vides, le groupe découvre chanson sur chanson, comme ça, là aussi comme par hasard, tout simplement en jouant, au fil des jours.

Un mois plus tard, au studio Midi Live de Villetaneuse, dans les lieux mythiques des anciens studios Vogue, le groupe se réinstalle et, dans les mêmes conditions, le « miracle » se reproduit. Le plus souvent, une ou deux prises leur suffisent et les chansons sont « dans la boite », inventées, écrites, enregistrées dans le même mouvement.

L’album s’est très bien vendu sur le site du groupe. Si bien, qu’il a fallu represser dans l’urgence et l’album sortira dans un circuit habituel via Ici D’Ailleurs….

Mendelson sera en concert, le 12 février 2008 au Divan Du Monde. Les billets sont aussi en vente sur le site du groupe. Et comme, il s’agira d’un Divan du Monde assis, les places seront chères.

Plus d’informations : http://mendelson.free.fr

MY LITTLE CHEAP LITTLE DICTAPHONE « Small Town Boy » (Kitchen/PIAS) –

My Cheap Little Dictaphone de Redboy… que vous connaissez aussi dans le deuxième groupe qu’il a fondé Holywood Porn Star..

La musique de My Little Cheap Dictaphone se veut avant tout basée sur des émotions toujours ingérées, dont Small Town Boy décline toute la palette humaine. On vogue entre de la folk-pop soigneusement orchestrée et un certain indie rock poignant, on passe du guilleret au grave, comme si Les Thrills, Sparklehorse et Mercury Rev croisaient Bright Eyes, PJ Harvey ou Arcade Fire.

Plus d’informations : www.kitchen-music.com et www.myspace.com/mylittlecheap


PLAYGROUND

PLAYGROUND

Pionnier du revival rock en France au début des années 2000, et premier groupe chantant en anglais
à signer avec un label français depuis Phoenix, Playground sort un tube disco-rock nerveux en 2003 intitulé 1994.
Le premier album "What’s your game " produit par Dimitri Tikovoi, qui produira également Placebo,séduit la presse et le public.
Après la tournée des Inrocks dans toute la France, le Midem à Cannes et le festival CMJ à New York, Firouz Farman et Dino
Trifunovic, le duo magique de Playground se sépare de leur ancienne maison de disque et prépare leur deuxième album
"Nightology", avant de signer avec le label anglais StarLab Rex.
Le nouveau single de PLAYGROUND "Livin’ on a weak end" vient de sortir en numérique et le groupe est en tournée
dans toute l'europe.

L'album "Nightology" est à suivre en avril 2008.

My Little Cheap Dictaphone

Lo-fi vs country
Prenez quelques ficelles lo-fi, un jeune garçon inspiré, une bonne pincée d’imagination et pas mal de débrouille. Faites passer le tout par le bouillonnant collectif liégeois JauneOrange, et vous obtenez les débuts de My Little Cheap Dictaphone, alors projet solitaire de Redboy.
Les joyeux bricolages à la bonne franquette évoluent toutefois rapidement : en 2002, le groupe – puisqu’il s’agira désormais d’un trio – sort Music Drama, enregistré et produit quelque part entre la Belgique et le Nebraska, avec l’éminente complicité de Mike Mogis (Bright Eyes, The Faint, Cursive, Azure Ray). Soutenu par deux singles (et un clip) amplement diffusés, ce premier album aux ambiances hantées remporte un accueil enthousiaste. Les médias s’y intéressent, désignant d’emblée le phénomène comme une des révélations belges de l’année. S’en suivent deux ans de tournée, aux côtés de Nada Surf, Sophia, Bonnie Prince Billy, Venus ou Chokebore.
Entre temps, Redboy rencontre Anthony Sinatra, avec qui il fonde Hollywood Porn Stars (un album sort chez Naïve, et la bande foule une centaine de scènes en Europe pendant 3 ans).
My Little Cheap Dictaphone n’en est pas pour autant oublié... Voilà trois ans que Small Town Boy, le deuxième album qui sortira au printemps, mûrit. Il s’agit d’un ouvrage de longue haleine, composé de chansons soigneusement lustrées au fil du temps. Si le tout est finalement enregistré en quelques jours de l’hiver 2006, dans des conditions live, c’est avec la même patience d’orfèvre qu’il a été peaufiné : deux mois de studio, aux côtés des producteurs, arrangeurs et mixeurs Duke (Venus), Niek Meul (Das Pop), Anthony Sinatra et Phil Corthouts.
La musique de My Little Cheap Dictaphone se veut avant tout basée sur des émotions toujours intègres, dont Small Town Boy décline toute la palette humaine. On vogue entre de la folk-pop soigneusement orchestrée et un certain indie rock poignant, on passe du guilleret au grave, comme si Les Thrills, Sparklehorse et Mercury Rev croisaient Bright Eyes, PJ Harvey ou Arcade Fire.
Avec son intégrité ancrée dans de solides racines, Small Town Boy présente une authenticité qui ne demande qu’à se laisser apprivoiser. Celle-ci se transporte également sur scène, où l’univers habité du trio, à la fois rêveur et enragé, prend tout son sens.

EXPÉRIENCE // Nous (en) sommes encore là

Après trois albums (“Aujourd’hui Maintenant”, 2001 ; “Hémisphère gauche”, 2004
et “Positive Karaoke with a gun”, 2005), le quatuor aujourd’hui resserré en trio a ramassé
son propos, retendu ses arcs, acéré ses flèches : “nous (en) sommes encore là”
réaffirme, en l’intensifiant, le propos d’Expérience. Quelque chose comme une vraie
critique sociale frottée à la fois au hip-hop contemporain et à l’énergie brute de la “no-wave”
new-yorkaise des années où James Chance et Arto Lindsay dictaient leurs règles à
l’Internationale Underground. Depuis, des groupes comme Sonic Youth ou Slint ont fait
fructifier l’héritage en donnant une indiscutable légitimité musicale à cet “art des bruits”
entrevu dans les années vingt par les futuristes italiens et russes.
C’est dans cette lignée-là que s’inscrit Expérience, qui y ajoute, dans ses textes impeccablement
scandés, le bon vieux principe des libertaires de toujours : “rendre la honte plus honteuse encore
en la livrant à la publicité”. Plutôt que de dénoncer, donner à entendre le discours qu’une époque
tient sur elle-même : c’est la meilleure méthode pour ne plus subir les malheurs des temps. En inventant
une nouvelle synergie entre guitares et électronique, ce quatrième album enregistré à Chicago
(Electrical Audio) sous la houlette de Greg Norman
(Detachment Kit, Milemaker, Make Believe,
Pelican, the Tren Brothers), affiche une ambition
mélodique affirmée, sans renoncer aux aspects
les plus expérimentaux qui ont valu au groupe
une solide réputation scénique à l’international – de
l’Espagne à la Russie.
Loin des poses “altermondialistes” et des naïvetés
contestataires, trois hommes debout tendent
un miroir à leur époque et constatent que, si nous
en sommes encore là, si rien n’avance comme on
le voudrait, il faudra quand même compter avec eux:
ils sont encore là. Et grâce à eux, tout n’arrête
pas de commencer. Gilles Tordjman


Entretiens

- Frederic Beigbeder par Thomas Golding -

Ecrivain, éditeur, critique littéraire, noctambule avéré, DJ à ses heures perdues… Telles sont les quelques activités que citent Frédéric Beigbeder quand on lui demande ce qu’il fait en ce moment. Rencontre avec un homme multiple.

Où va la littérature ?

Dans le mur. Les ventes ont connu une diminution d’à peu près trente pour cent. Je pense que les écrivains doivent régir face à cette menace et donner envie de lire aux gens. Trop de romans sont déconnectés de la réalité. Il faut essayer de développer une littérature du réel, qui serait facile d’accès tout en posant de vraies questions.

Ce serait quoi la crise de la quarantaine version Frédéric Beigbeder ?

Un refus de vieillir. Je suis en pleine procédure de divorce, je sors beaucoup et j’agis de manière totalement immature. Cela se voit à la manière dont je suis habillée. Regardez mes chaussures (des baskets en cuir Yves St Laurent). Ce sont des baskets qui ne s’assument pas, pas tout à fait des baskets et pas tout à fait des chaussures de ville. Je porte mon pull à même la peau. C’est typiquement une attitude de faux jeune.

Selon vous « L’amour dure trois ans ». Quels sont les secrets d’une telle longévité ?

Trois ans c’est déjà pas mal mais à la réflexion cela pourrait être plus court. Disons qu’il y a un an de lâcheté durant lequel on n’ose pas quitter l’autre.

Avez-vous un modèle ?

Peut être Bukowski parce qu’avec lui, quand j’étais plus jeune, cela me paraissait génial d’être écrivain. J’avais l’impression que cela consistait à se taper deux litres de Whisky, assis derrière une machine à écrire, en attendant qu’une fille légèrement vêtue entre dans la pièce pour vous sucer. Ca y ressemble quelquefois.

Qui était la dernière star ?

l y en a encore. Bon plus Madonna puisqu’elle a fait la Star Academy. Bret Easton Ellis est une star. La dernière fois qu’il est venu à Paris, il s’est plaint de ne pas avoir d’écran plasma dans sa chambre d’hôtel. Michel Houellebecq est une star aussi.

Plus grand bonheur ?

Je vais faire une réponse très banale mais ma fille. Ce qu’il y a d’intéressant avec la reproduction c’est qu’on peut dater précisément le plus beau jour de sa vie. Comme ça la question est réglée. Sinon il parait que l’héroïne rend heureux.

Plus grand regret ?

(Il réfléchit longuement) Finalement je suis peut être un type assez content. Enfin il y a quand même beaucoup de râteaux que j’aurai voulu éviter. Disons que ma liste de regrets c’est ma liste de râteaux.

Dernier disque aimé ?

Black rebel motorcycle club

Dernier livre aimé ?

Lunar Park de Bret Easton Ellis

Position sexuelle préférée ?

L’homme est allongé sur le dos et il ne fait rien.

Ce qui vous retient sur terre hormis la gravité ?

Je vais encore être banal mais ma fille. Depuis sa venue au monde j’ai perdu mon obsession romantique pour le suicide et je conduis beaucoup plus prudemment.


Sorties

Le Baron, un ex-club échangiste reconverti en boite branchée ...

Ceux qui y étaient déjà allés en parlaient avec des airs d’initiés, comme s’ils y avaient découvert un terrible secret. D’autres l’évoquaient avec un air un peu blasé, sur le même ton qu’un « on va manger à la cantine » tout en sachant pertinemment que bien peu de gens sont admis dans ce genre de cantine. Le Baron, un ex club échangiste reconverti en boite branchée. Le serai je assez pour y rentrer ? Après avoir patienté plus d’un quart d’heure dans le froid et avoir vu bon nombre de personnes se faire poliment refouler je pénétrais enfin l’endroit, un petit couloir abritant le bar, menant à une pièce aussi grande que le salon de mes grands-parents.

Une fille vaguement mignonne, accompagnée par un pianiste à queue, interprétait des reprises improbables, ponctuant son show de gestes qui se voulaient obscènes. Papy aurait adoré, Mamie un peu moins. Je jetais rapidement un œil à la clientèle, affalée sur des banquettes rouges qui jadis avaient dû avoir leur compte question obscénité. Sur ma gauche un groupe de cinq Bridget Jones avaient fait péter la bouteille de champagne. L’une d’elles, se mit à danser seule et pieds nus sur la piste de danse. Elles en auraient des choses à raconter demain à leur boulot. Sur ma rétine s’incrustèrent de jeunes minets du 8ème période post puberté, quelques types grisonnants un rien mafieux, et des filles qui deviendraient réellement attirantes quand mon taux d’alcoolémie aurait grimpé. Pour cela j’essayai désespérément d’atteindre le bar où se tenaient quelques célébrités de troisième zone, du genre « je joue dans des pubs et des téléfilms », et un écrivain connu entouré de sa cour. Ma longue attente fut récompensée par un cocktail qui me donna une soudaine envie de commu-niquer mais tous les regards que je croisais semblait dire « hé mec je ne suis pas n’importe qui, je rentre au Baron ». Au troisième verre je reparti en titubant vers la sortie, encore encombrée malgré l’heure tardive. Finalement le secret de l’endroit tient sans doute à ceci : réussir à faire tenir autant d’ego dans un endroit aussi petit.


Thomas Golding

dyn-web.com